Groupe Paris ABF

Le blog du groupe Paris de l'Association des Bibliothécaires de France


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#ateliersnum Atelier Tablettes et accessibilité #7

Animé par Hélène Kudzia, responsable du fonds Lire Autrement à la bibliothèque Marguerite Duras, cet atelier a consisté en une présentation de ce qu’il était possible de faire avec des tablettes pour les publics aveugles, malvoyants et dyslexiques.

La présentation et la démonstration d’outils a été faite avec les applications pour ipad et iphone Ibooks et Voicedream Reader, avec pour supports des epubs téléchargés depuis Gallica.

Les ipads ont été utilisés grâce à VoiceOver : une fois activé, la gestuelle est très différente. Maintenant, à l’Apple store, les vendeurs connaissent Voiceover, et montrent même, voire forment à son utilisation.

Même si l’atelier se concentrait sur les fonctions de vocalisation, la possibilité de connecter la plage braille a aussi été évoquée.

iBooks

C’est une application gratuite présente à l’installation sur les appareils Apple (pas disponible sur Androïd). Nous avons pu effectuer des test d’epubs gratuits trouvés sur Gallica.

Il y a un possibilité de lecture en continu de l’ouvrage (un petit signal indique le changement de page, qui peut être agaçant). Pour l’entendre moins souvent, il suffit de diminuer la taille de la police ; on peut aussi le supprimer dans les réglages de Voice Over.

Les démonstrations sont faites à partir de produits Apple qui présentent des avantages certains pour les paramétrages concernant l’accesssibilité. Il existe des équivalents pour Androïd, mais c’est moins simple, il est nécessaire qu’un voyant repère le fonctionnement avant.

Il est possible d’écouter le texte en même temps que l’on lit en braille. Au niveau de la navigation, on peut choisir depuis le sommaire le chapitre qui nous intéresse. Nous avons également pu voir en détail les réglages (taille de la police, choix de la police – interessant car certaines facilitent la lecture ou au contraire la freinent, contraste inversé). Il est possible ainsi de personnaliser et d’adapter l’outil à la lecture.

Voicedream Reader

A l’origine, cette application a été développée pour les personnes dyslexiques. Elle est par ailleurs très utilisée aux USA dans le cadre scolaire. C’est une application payante (8,99€, disponible sur iTunes :  https://itunes.apple.com/fr/app/voice-dream-reader/id496177674?mt=8 ). Elle propose ensuite des voix gratuites et des voix payantes.

Il est possible de lier Voice dream à son compte Dropbox, Google drive, Bookshare (plateforme réservée aux publics empêchés), iTunes, Gutenberg. Eole, BNFA sont des solutions françaises que je peux récupérer également. Pour la démonstration, les epubs ont été récupéré depuis Dropbox.

L’application permet de lire des livres, d’effectuer des modifications et d’intégrer des documents.

Elle présente deux avantages en particulier :

– mémorisation de la page en cours, et des réglages en cours ou globaux.

– possibilité de faire lire le texte par voix de synthèse et tout est personnalisable (vitesse de lecture, défilement du texte, etc.)

La vitesse de la parole est ajustable, et tant mieux car c’est très rapide ! Les participants à l’atelier n’avaient pas l’habitude, donc c’est déstabilisant : de la même façon qu’on va lire avec les yeux deux pages sans vraiment lire, on peut faire pareil avec VoiceDream.

Dans la personnalisation, on peut utiliser la police open dyslexique qui convient à la plupart des personnes dyslexiques (le public dyslexique est sûrement sous-évalué par les bibliothèques).
Après avoir effectué des tests, nous avons vu l’intérêt de cette application sur iBooks : la personnalisation va très loin.

Cette application est idéale pour les geeks : c’est par exemple celle qui permet de gérer le multi-support. Mais c’est aussi celle qui propose le plus de formats. Il reste toutefois environ 10% des epubs, notamment les epubs enrichis, qui ne sont pas lisibles.

La voix de synthèse

L’utilisation d’une voix de synthèse a posé question : c’est une voix à laquelle on est habituée, qui est en quelque sorte neutre, contrairement aux livres audio qui sont interprétés, lus « comme le ferait votre prof de français ».

Ainsi, durant l’atelier a été rapporté le témoignage d’un lecteur :

“toi, voyant, quand tu lis tu veux pas des petits coeurs mauves autour d’une scène d’amour. Ben moi c’est pareil, je veux pas une voix mielleuse.”

Quand on lit un livre, on est pas au théâtre, on veut juste lire le livre “tranquillement” ou “efficacement”. Ainsi, le livre audio est intéressant, mais il est important d’avoir des alternatives. De plus, leur choix est souvent limité.

La voix de synthèse permet de lire très vite : par exemple, des ados aveugles, lors de la sortie de Harry Potter, ont pu le lire en une nuit avec une voix de synthèse de piètre qualité, à partir d’une version pirate, certes : mais ils ont pu le lire vite.

En guise de conclusion
En tant que bibliothécaires, avec un usager qui vient avec sa tablette (ce qui arrive de plus en plus souvent), nous avons un vrai rôle à jouer : nous pouvons lui proposer des documents libres de droit, mais on peut aussi l’accompagner dans le paramétrage, sur une ou l’autre application.

Applications et références :

Rendez-vous :
24 mars prochain, journée coorganisée par la commission Accessibib, la Bibliothèque Publique d’information et le ministère de la culture à la bibliothèque Marguerite Duras.

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Pour être incollable (ou presque) sur le livre numérique !

Il n’y a pas une semaine sans que son nom ne soit évoqué. Certains le maîtrisent complètement alors d’autres le méprisent totalement. Il a fait son apparition depuis plusieurs années mais ce n’est qu’aujourd’hui qu’il commence à poser de véritables questions pour nos métiers. Vous l’aurez peut-être deviné, il s’agit du livre numérique. Ce billet se veut être une synthèse du livre numérique afin de permettre à chacun d’entre nous d’avoir une vision globale de la situation.

Le format :

Quand on parle de livre numérique, on parle également de format. En effet, il existe différents types de formats d’ebook.

  • epub (format standard)
  • PDF
  • AZW (format propriétaire d’Amazon. Les livres numériques d’Amazon ne peuvent théoriquement être lus que sur les liseuses Kindle d’Amazon)
  • Mobi
  • html

Les appareils de lecture :

Les livres numériques peuvent être lus sur différents supports. On peut utiliser un ordinateur et lire son livre numérique à travers son navigateur. Cela nécessite d’installer un plugin dans son navigateur. On peut citer le plugin Readium qui s’utilise avec le navigateur Chrome de Google. Si vous utilisez Firefox, vous pouvez télécharger le module EPUBReader. Si vous n’utilisez aucun de ces navigateurs, c’est le moment de changer ! 🙂 Ou alors vous lisez directement votre livre électronique depuis votre ordinateur à partir d’un logiciel comme Calibre ou Adobe Digital Edition. Mais ces solutions ne sont pas idéales car elles n’offrent pas de mobilité. Pour cela, il y a les liseuses électroniques, les tablettes ou encore les smartphones. Les liseuses sont des appareils dédiés à la lecture. Vous ne pourrez pas l’utiliser pour d’autres services. Les liseuses fonctionnent avec une technologie d’encre électronique. Un des principaux avantages de cette technologie réside dans sa faible consommation d’énergie. C’est la raison pour laquelle, les liseuses disposent d’une autonomie particulièrement longue. Un des inconvénients est l’absence de couleurs. Par conséquent, la liseuse n’est pas adaptée à la lecture de BD. Les modèles les plus récents sont généralement tactiles et offrent la possibilité de se connecter en wifi afin de télécharger des livres électroniques depuis le site d’un libraire en ligne. Mais la navigation sur le web à partir d’une liseuse est peu satisfaisante.

Les tablettes et les smartphones offrent aussi la possibilité de lire des ebooks. Il est nécessaire d’installer l’application qui permet de prendre en charge le format du livre électronique. Il existe une myriade d’applis : Aldiko, Moon Reader, Ebook Reader, ePub Reader…

DRM

Quand on aborde la question du livre numérique, on ne peut généralement pas la dissocier des Digital Rights Managment (DRM). Les DRM  » consistent en la mise en œuvre des différents procédés destinés à protéger les droits afférents à la diffusion de contenus sur supports numériques ». Autrement dit, les DRM (également appelés Mesures Techniques de Protection) visent à empêcher la copie des fichiers. Les DRM sont contraignants dans la mesure où ils limitent l’interopérabilité. Si vous disposez de plusieurs appareils de lecture (liseuses, smartphones, tablettes…) vous risquez de ne pas pouvoir permuter votre lecture sur ces différents supports. Vous ne pourrez pas « prêter » votre fichier à un ami. La personne qui achète un livre numérique avec DRM n’est pas propriétaire du fichier acheté. Elle paye une licence d’accès qui peut, pour différentes raisons, lui être retirée. Si une partie des éditeurs commercialisent leurs livres sans DRM, des acteurs majeurs de l’édition continuent à vendre des livres numériques avec DRM. Pour pouvoir gérer les fichiers avec DRM, le lecteur est contraint d’utiliser le logiciel Adobe Digital Edition. Il existe un autre type de mesures technique de protection, la chronodégradabilité. Au bout d’un certain temps, le fichier n’est plus utilisable. Ce principe est souvent utilisé dans le cadre de la mise à disposition de livres numériques en bibliothèques (Numilog, Cyberlibis, OverDrive…)

Outils de gestion

Il existe plusieurs logiciels qui permettent de gérer sa bibliothèque numérique. Les principaux utilisés sont Calibre et Adobe Digital Edition.

Modèle d’accès

L’accès au livre numérique repose sur différents modèles :

  •  L’achat au titre (téléchargement) : Modèle similaire à l’environnement physique. La personne achète un fichier (avec ou sans DRM), elle le conserve sur son ordinateur et peut le lire quand elle veut sans connexion à Internet.
  • L’abonnement : L’utilisateur s’abonne à un catalogue et bénéficie d’un accès illimité le temps de l’abonnement.
  • La lecture en streaming : Il existe des plateformes de livres numériques en streaming. Si l’accès est gratuit, la lecture est accompagnée de bandeaux publicitaires. C’est le modèle proposer notamment par YouBoox qui propose également un abonnement sans publicité.
  • La location : Le lecteur loue un livre pour 24 ou 48h. C’est notamment ce que propose la plateforme de BD Izneo. Chaque nouvelle location est payante.

La TVA

Comme le livre papier, le livre numérique bénéficie d’un taux de TVA à 5,5 %. En revanche, la Commission européenne « interdit l’application d’un taux de TVA réduit à la vente de livres numériques en ligne, au motif qu’il s’agit de prestation de services » D’autres pays européens sont en train de rejoindre la position de la France.

Où se fournir en livres numériques ?

JE du 10 décembre 2013 – Enjeux numériques : quelle partition jouer avec les nouveaux outils de lecture ?

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hVoici un retour sur la journée organisée à la Gaîté Lyrique le mardi 10 décembre 2013. Cette JE a été très riche et a donné lieu à d’intéressantes discussions. Merci aux participants  d’avoir partagé leur expérience numérique !

Retrouvez ci-dessous le live-tweet de la journée. Merci aux twittos acharnés qui ont réagi à chaud et permis de réaliser un compte rendu vivant et collaboratif !

Cliquez sur l'image pour accéder au Storify !

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Et quelques photos comme si vous y étiez !

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Vue du haut de l’auditorium

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Vue du haut de l’auditorium 2

Pour un compte-rendu plus complet, vous pouvez lire la prise de notes collaborative qui a été faite par les participants à cette adresse :
http://lite3.framapad.org/p/enjeuxnum_abfparis
ou la découvrir dans la suite de ce billet

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